Revit seul ou Collection AEC : le calcul que personne ne fait
Un utilisateur qui n’ouvre que Revit paie 696 € de plus par an s’il prend la Collection AEC plutôt que la licence Revit seule. À partir de deux logiciels, la Collection reprend l’avantage chez Autodesk. Avec nos licences, le point de bascule ne tombe qu’au troisième programme, et sur trois ans il revient à deux. Voici le calcul complet.
Autodesk fait cette addition à votre place. Sur sa page consacrée à la collection Architecture, Engineering & Construction, un tableau aligne trois produits, en fait la somme, la compare au prix de la collection et pose un bouton dessous : « Économisez 2 220 €/an ». Le chiffre est juste. Le problème est ailleurs : cette addition répond à une question que presque personne ne se pose sous cette forme.
Ce que le bouton « Économisez 2 220 €/an » additionne vraiment
Voici les trois lignes du tableau, relevées le 8 août 2026 sur la page française de la Collection AEC. Chez Autodesk, cette ligne s’appelle « Prix du produit autonome ».
| Produit | Prix du produit autonome |
|---|---|
| AutoCAD | 2 184 €/an |
| Revit | 3 132 €/an |
| Forma Site Design | 732 €/an |
| Prix total | 6 048 €/an |
| Collection AEC | 3 828 €/an |
| Économie annoncée par Autodesk | 2 220 €/an |
Regardez la troisième ligne. Forma Site Design, 732 €/an, pèse un tiers de l’écart annoncé. C’est un outil d’étude de site, utile en phase amont, et je n’ai jamais vu un projeteur l’ouvrir tous les matins. Retirez-le de l’addition et la comparaison devient celle que vit réellement une agence : AutoCAD plus Revit, soit 5 316 €/an, contre 3 828 €/an pour la collection. L’avantage tombe à 1 488 €/an.
Cela reste un vrai avantage. Mais un tiers de l’argument repose sur un logiciel que vous n’aviez pas prévu d’acheter. Une comparaison honnête part de ce que vos gens ouvrent, pas de ce que le vendeur a mis dans le panier.
Le calcul se fait par utilisateur, jamais par agence
C’est le point qui coûte le plus cher aux structures françaises, parce qu’il contredit la façon dont l’achat est organisé. Beaucoup d’agences et de bureaux d’études passent par un revendeur agréé, reçoivent une proposition globale et raisonnent en budget annuel : « on met tant par an sur la CAO ». Le devis arrive en une ligne, ou en trois, et on le compare à celui de l’an dernier.
Or Autodesk n’écrit nulle part « pour une agence ». Il écrit, littéralement, « pour 1 utilisateur ». La facturation est nominative : une licence appartient à une personne, pas à un poste de travail. Tant que vous raisonnez en enveloppe globale, vous ne verrez pas que trois de vos collaborateurs justifient largement la collection et que sept se contenteraient d’une licence unique.
Cela change aussi ce que vous pouvez demander à votre revendeur. Un devis en une ligne ne se négocie pas : il se signe ou il se refuse. Un devis détaillé par profil, avec chaque utilisateur en face du produit qui lui est attribué, devient une conversation. Demandez ce découpage avant de parler remise. La remise porte sur un total, le découpage porte sur le besoin, et il fait souvent plus d’effet.
La Collection AEC se compte-t-elle par poste ou par personne ?
Par personne. La mention « pour 1 utilisateur » figure à côté du montant sur la page d’Autodesk, vérifiée le 8 août 2026. Deux dessinateurs qui se relaient sur la même station, l’un le matin, l’autre l’après-midi, ne partagent donc pas une licence. À l’inverse, un projeteur qui travaille sur un poste fixe et sur un portable en déplacement ne paie pas deux fois. Si votre calcul est parti du nombre d’ordinateurs, il est faux dès la première ligne.
Le même arbitrage avec nos licences
Chez nous, les montants sont d’un autre ordre de grandeur et surtout ils sont plats : chaque titre Autodesk isolé est au même prix, quel que soit le titre. Ce qui déplace le point de bascule. Une précision d’honnêteté avant le tableau : notre pack s’appelle Toutes les apps et ne correspond pas exactement à la Collection AEC. C’est la formule plus large, qui contient aussi Inventor, Maya et Fusion à côté des titres du bâtiment.
| Un utilisateur, un an | Licences séparées | Pack Toutes les apps | Écart |
|---|---|---|---|
| Revit uniquement | 69,95 € | 139,95 € | séparé, 70,00 € de moins |
| Revit et AutoCAD | 139,90 € | 139,95 € | cinq centimes |
| Trois programmes | 209,85 € | 139,95 € | pack, 69,90 € de moins |
| Quatre programmes | 279,80 € | 139,95 € | pack, 139,85 € de moins |
La deuxième ligne mérite qu’on s’y arrête. Cinq centimes. À deux logiciels, l’arbitrage financier n’existe plus, et c’est exactement là que se situe la majorité des utilisateurs de Revit en agence : Revit pour la maquette numérique, AutoCAD pour les fonds de plan, les détails hérités et les fichiers que le bureau d’études d’à côté continue d’envoyer en DWG. Quand deux options se tiennent à cinq centimes, choisissez sur autre chose que le prix.
La question « combien coûte Revit » n’a donc pas une seule réponse. Nous avons détaillé les écarts dans notre article sur le prix d’une licence Revit légale, et si vous hésitez encore entre les deux outils plutôt qu’entre deux formules, AutoCAD ou Revit : lequel choisir traite cette question-là de face.
Sur trois ans, le point de bascule recule d’un cran
Une licence de trois ans ne coûte pas trois fois une licence d’un an. Résultat, l’arbitrage ne se pose plus au même endroit.
| Un utilisateur, trois ans | Licences séparées | Pack Toutes les apps | Écart |
|---|---|---|---|
| Revit uniquement | 139,95 € | 239,95 € | séparé, 100,00 € de moins |
| Revit et AutoCAD | 269,90 € | 239,95 € | pack, 29,95 € de moins |
| Trois programmes | 409,85 € | 239,95 € | pack, 169,90 € de moins |
Sur un an, le duo Revit plus AutoCAD était un match nul. Sur trois ans, le pack passe devant avec 29,95 € d’avance. Le point de bascule est donc passé de trois programmes à deux, uniquement parce que la durée a changé. Si vous avez pris l’habitude de décider une fois pour toutes qu’« à deux logiciels on prend le pack », vous avez raison sur trois ans et tort sur un an. Multiplié par dix personnes et renouvelé chaque année, ce genre d’habitude finit par coûter.
Dix postes, trois façons de payer la même chose
Prenons une agence de dix personnes. Trois collaborateurs travaillent la maquette numérique et ouvrent Revit et AutoCAD. Les sept autres font du 2D, des plans d’exécution, des mises à jour de fonds de plan, et n’ouvrent qu’AutoCAD. Trois façons de les équiper, trois factures.
| Dix postes, par an | Tarif public Autodesk | Nos licences |
|---|---|---|
| La collection pour tout le monde | 38 280 € | 1 399,50 € |
| Tout en licences séparées | 31 236 € | 909,35 € |
| Mixte : 3 collections et 7 AutoCAD | 26 772 € | 909,50 € |
| Écart entre les deux extrêmes | 11 508 €/an | 490,15 €/an |
Aux tarifs publics, l’écart annuel entre la formule la plus large et la plus fine atteint 11 508 €. Pour donner une échelle : l’erreur d’organisation coûte plus cher que trois Collections AEC complètes à 3 828 € l’unité. Ce n’est pas une remise qu’on va chercher chez le revendeur, c’est une ligne de dépense qu’on supprime en regardant qui fait quoi.
La colonne de droite raconte autre chose, et je la trouve plus intéressante. Entre le tout-séparé et le mixte, l’année entière se joue à quinze centimes : 909,35 € contre 909,50 €. Le critère financier a disparu ; reste le critère administratif, c’est-à-dire le nombre de lignes que vous voulez gérer et de renouvellements que vous voulez suivre. Ce que la première colonne transforme en négociation annuelle tendue, la seconde le ramène à un choix d’organisation.
Quand il ne faut surtout pas prendre la collection
Vous n’ouvrez qu’un seul logiciel. Le cas le plus fréquent chez les indépendants. Un architecte qui travaille exclusivement en maquette numérique paie 696 € de plus par an au tarif public pour des outils qu’il n’installera même pas. Chez nous, l’écart va dans le même sens : 70,00 € sur un an, 100,00 € sur trois ans.
Votre chaîne de production sort du monde Autodesk. Si vos rendus passent par un moteur tiers, si votre bureau d’études structure calcule sur un autre logiciel, si une partie de vos échanges se fait avec des agences non équipées en Autodesk, les logiciels supplémentaires de la collection ne remplacent rien de ce que vous payez déjà. Vous ajoutez une couche, vous n’en retirez aucune.
Votre besoin est saisonnier. Un indépendant qui prend un chantier en maquette numérique tous les dix-huit mois ne fait pas le même calcul qu’une agence à flux continu. L’abonnement court avec le bon nombre d’outils bat presque toujours la formule large prise au cas où.
Vous équipez toute l’équipe à l’identique par confort administratif. C’est la ligne la plus élevée du tableau précédent, et c’est presque toujours celle qu’on retient par défaut. Elle se défend, à condition d’être un choix assumé et non une négligence.
Ce que contient réellement la Collection AEC
Pour le profil architecture, Autodesk listait le 8 août 2026 les logiciels suivants :
- Revit
- AutoCAD
- Autodesk Forma
- Forma Data Management
- Navisworks Manage
- Insight
- 3ds Max
- ReCap Pro
- Autodesk Rendering
Changez de métier sur la même page et la liste change : le génie civil fait apparaître Civil 3D et InfraWorks, la structure ajoute Robot Structural Analysis Professional et Advance Steel, les installations techniques donnent Fabrication CADmep. Deux collaborateurs de la même agence, sur le même écran, peuvent donc lire deux listes différentes et se disputer ensuite sur ce que contient « la collection ». Avant de comparer deux devis, vérifiez qu’ils ont été établis sur le même profil, sinon vous comparez deux contenus différents sous un seul nom.
Notez surtout ce qui n’y figure pas. Le partage d’une maquette hébergée entre une agence et un bureau d’études externe passe par un produit distinct, qui s’achète séparément. Si votre motivation principale était de régler la collaboration inter-agences, vous achetez la mauvaise chose.
AutoCAD est-il inclus dans la Collection AEC ?
Oui, AutoCAD complet fait partie de la collection, dans tous les profils métier. C’est ce qui rend l’arbitrage si serré : au tarif public, dès qu’une personne utilise Revit et AutoCAD, la collection est déjà rentable. Pour situer AutoCAD seul, notre article sur le prix d’AutoCAD reprend les tarifs français vérifiés à la même date.
La licence est nominative, et un jour quelqu’un s’en va
Puisque la facturation est nominative, votre schéma mixte à dix postes n’a rien d’abstrait : ce sont trois collections attachées à trois personnes précises. Le jour où l’une d’elles part, quatre mois après le début de l’abonnement, la licence ne reste pas sagement sur la chaise. Elle est attachée à quelqu’un qui n’est plus là, et son remplaçant, s’il fait surtout du 2D, n’a besoin que d’une fraction de ce que vous avez payé.
Dans une agence de dix personnes, un ou deux mouvements par an suffisent à rendre le schéma théorique inexact en permanence. Le calcul optimal de janvier ne l’est déjà plus en mai, et personne ne le refait parce que le renouvellement paraît encore loin.
Que devient la licence si un collaborateur quitte l’agence en cours d’abonnement ?
C’est une question à poser à votre revendeur avant de signer, pas au moment du départ. Formulez-la précisément : à quelles conditions l’attribution peut-elle être transférée à une autre personne, dans quel délai, combien de fois par période, et où est-ce écrit dans la proposition. Une réponse orale et rassurante ne vaut rien onze mois plus tard, quand votre interlocuteur a changé lui aussi.
Un geste simple règle une bonne partie du problème, et je le recommande à toute structure qui gère plus de trois licences : tenez une liste écrite, une ligne par personne, avec le produit attribué, la date de début et la date de fin. Mettez-la à jour le jour même de chaque arrivée et de chaque départ. Quand le devis de renouvellement arrive, cette liste est votre argumentaire : elle montre noir sur blanc combien d’abonnements correspondent à des gens qui ne les utilisent plus, et un revendeur devant une liste précise ne discute pas comme devant une enveloppe globale.
Le niveau de prix change d’ailleurs la nature du risque. Quand une erreur d’attribution coûte quelques milliers d’euros sur l’année, il faut un processus. Quand elle en coûte quelques dizaines, il suffit de rester attentif.
Refaire ce calcul chez vous en cinq minutes
Vous n’avez besoin ni d’un audit ni d’un tableur partagé. Une feuille et cinq minutes suffisent.
- Écrivez le nom de chaque personne qui utilise un logiciel de CAO, une ligne chacune. Pas les postes de travail, les personnes.
- En face de chaque nom, notez ce qu’elle a réellement ouvert ces trois derniers mois. Pas ce qu’elle sait faire, pas ce qu’elle a lancé une fois en 2023.
- Comptez le nombre de logiciels par ligne. Vous obtiendrez deux ou trois groupes nets et quelques cas particuliers.
- Appliquez la règle : un seul logiciel, licence séparée. Deux logiciels, cela dépend de la durée. Trois ou plus, le pack. Au tarif public d’Autodesk, la bascule se fait dès deux.
- Demandez ensuite votre devis sur ce découpage-là, groupe par groupe, et jamais en enveloppe globale.
Reste le cas qui ne rentre dans aucune case, et qui existe dans presque toutes les agences : la personne qui ouvre Revit deux fois par an, pour reprendre le fichier d’un client ou vérifier un modèle reçu. Payer une licence annuelle pour cet usage est absurde, ne rien prévoir bloque un dossier pendant trois jours. Pour ce cas précis, la vraie question n’est pas quelle licence acheter, mais si ce fichier ne devrait pas simplement passer par quelqu’un qui travaille dessus tous les jours. Le meilleur arbitrage de licence est parfois un arbitrage d’organisation, et celui-là ne coûte rien.
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